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L’Incubateur #2

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10 nouvelles familles mènent l’enquête!

Entre février et juin 2015, dix nouvelles familles de Vaulx-en-Velin tentent de répondre à la question : que cache cet univers invisible qui nous entoure ? Pour cela, elles sont invitées, avec l’aide du physicien Antoine Cazes et d’un médiateur du Planétarium, à construire chacune un dispositif expérimental, qu’elles emmènent à leur domicile. Tout cela s’inscrit dans une véritable démarche collaborative.

En 2015,  la construction par chaque famille d’une chambre à brouillard a été l’opportunité d’appréhender la démarche du scientifique mais également de s’interroger sur le concept de visible et d’invisible, sur la nature de la réalité qui nous entoure ou sur la définition même d’objectivité et de subjectivité. Un travail qui permet de rejoindre les préoccupations de l’artiste Sophie Pouille, dans sa démarche de recherche artistique.

Ce voyage a conduit les familles au cœur des laboratoires de recherches les plus avancés (Laboratoire souterrain de Modane, CERN, Laboratoire de physique théorique et de physique des particules à Annecy…), mais leur permettra aussi de visiter plusieurs lieux et événements artistiques (Biennale du design de Saint Etienne, Biennale d’art contemporain de Lyon, Musée d’art contemporain de Lyon, Institut d’art contemporain de Villeurbanne…), véritable invitation à s’interroger sur la perception de notre monde et la nature de notre Univers.  

 

La chambre à brouillard, expérience pour détecter l’invisible

Tout autour de nous, l’espace grouille de petites particules subatomiques issues de différents phénomènes naturels. Une majeure partie de ces particules est produite naturellement. Cette radioactivité naturelle vient du fait que le monde dans lequel nous vivons est constitué, en très faible partie, d’éléments radioactifs sous diverses formes (solides, liquides, gaz…). Ces éléments sont mélangés à notre environnement (eau, air, sols) depuis la naissance de notre planète et constituent la majeure partie de ce que l’on appelle la radioactivité naturelle terrestre.

Dans une moindre mesure, un autre rayonnement appelé rayonnement cosmique participe à cette radioactivité naturelle. Mais ce rayonnement ne provient pas de l’environnement de la Terre : il est issu de différents phénomènes astrophysiques qui produisent une « pluie de particules ». Du vent solaire aux explosions d’étoiles, de nombreux phénomènes produisent cette pluie, invisible à la perception naturelle de l’Homme, qui arrose la Terre et dont une petite partie parvient jusqu’au sol.

La chambre à brouillard est un dispositif permettant de mettre en évidence ces particules en matérialisant leur passage dans un brouillard froid d’alcool.

Chambre à brouillard en fonctionnement

 

Zoom sur les traces laissées par différentes particules dans le brouillard de la chambre

 

La chambre a brouillard a, au cours du XXème siècle, beaucoup été utilisée pour étudier différents phénomènes dans le domaine de la physique nucléaire et de la physique des particules.

C’est ce dispositif que les familles du projet Incubateur reproduisent à l’aide de différents matériaux de récupération. Cette chambre à brouillard « artisanale » permet à chacun d’effectuer des mesures et de visualiser cet invisible pourtant si présent dans notre quotidien…

 

Une double résidence

L’artiste Sophie Pouille et le physicien Antoine Cazes (Institut de physique nucléaire de Lyon) sont en résidence au Planétarium depuis février 2015. Ils sont, aux côtés des médiateurs, les fers de lance de ce dispositif.

S.Pouille

© Sophie Pouille

Sophie Pouille poursuit un travail proche du principe de « nature naturante » qui désigne la volonté de retrouver les principes générateurs du monde qui le structurent intrinsèquement. Ses recherches l’amènent depuis de nombreuses années à travailler auprès de chercheurs lui permettant d’aborder différents types de conceptions et représentations. A travers la rencontre avec l’artiste et la visite de différents musées, les habitants ont ainsi l’occasion d’être au centre du processus de création artistique.                      

Antoine Cazes est maître de conférences à l’Institut de Physique Nucléaire de Lyon (CNRS – Université Claude Bernard Lyon1), partenaire privilégié de l’Incubateur. Il travaille actuellement sur la problématique de la matière noire dans le cadre de l’expérience Edelweiss, tentative de détection directe de particules de matière noire. Les participants bénéficient ainsi d’une mise en relation directe avec le monde de la recherche.

 

L’aboutissement : la création d’une œuvre

De cette double résidence est née une œuvre intégrée à la nouvelle exposition temporaire du Planétarium : BOÎTES NOIRES, empreintes du monde et paysages intérieurs, du 29 septembre 2015 au 3 janvier 2016. Les commissaires artistes Norbert Godon et Sophie Pouille présentent les œuvres d’une dizaine d’artistes sur le thème de la lumière. L’événement est inscrit dans le cadre de l’Année internationale de la lumière 2015 et intégré au programme Résonance de la Biennale d’art contemporain.

L’exposition, envisagée comme un cabinet de curiosité, invoque le motif des boîtes noires, allant des premières chambres noires aux écrans d’ordinateur en passant par toutes les boîtes qui cherchent à projeter, retenir ou modifier la lumière pour représenter le monde. Elle aborde l’émergence des notions d’objectivité et de subjectivité telles qu’elles se sont définies par opposition l’une l’autre, définissant des codes visuels opposés au sein de l’imagerie artistique et scientifique qui tend aujourd’hui à se rapprocher. Le visiteur est ainsi amené à s’interroger sur le statut des œuvres qu’il contemple : objet d’art ou objet de science ?

 

Suivez le projet jour après jour sur la page facebook de l’Incubateur : FB Incubateur Art & Science – http://on.fb.me/1KwZna3

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